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![]() Au deuxième... s’il vous plait !Publié le : 11 avril 2008Parfois nébuleuses pour les néophytes, les associations disposent d’us et coutumes bien spécifiques... comme un monde à part ! Le monde associatif se meut de plus en plus en services, qui peuvent être synonymes de dévolution intense pour certains ou plateforme de lancement pour d’autres... en commençant par ses acteurs, qu’ils soient bénévoles ou professionnels. C’est un sujet frileux sur lequel on ne s’étend pas, comme si la fin justifiait toujours les moyens, comme si la notion de Faire relevait déjà du miracle dans un secteur anciennement sclérosé. Mais il est toujours intéressant de mettre un pied dans l’entrebâillement de la porte et de jeter un œil sur le fonctionnement de ce milieu et l’évolution de celui-ci. Les associations pourraient bien se faire, plus que jamais, ascenseur social et professionnel pour qui s’y impliquerait. Alors, on les connaît bien ceux qui sont là pour eux et pour eux seuls, reconnaissables à leur volubilité et à la longueur de leurs interventions stériles. Être là, pour eux, ce n’est pas plus important que d’être ailleurs, mais ça leur permet de s’élever (plus à leurs propres yeux qu’à la face du monde). On sait qu’une association est une organisation humaine comme les autres. Qu’ils s’agissent des salariés, du président ou d’un groupe de bénévoles, l’association est un enjeu de pouvoir, un lieu où, comme ailleurs, on peut s’imposer pour de mauvaises raisons : se mettre en avant, montrer au monde (à son monde...) que l’on est important. Se servir des associations pour cela, c’est possible, et ça existe. Est-ce que cela doit nous empêcher de penser la chose autrement ? Au lieu de le voir négativement, peut-être pourrions-nous admettre, pour une fois, que ce n’est pas mal qu’elles servent aussi de s’élever soi, de s’améliorer soi... pour peut-être mieux servir les causes. Reste à savoir en quoi... D’abord, le constat est clair : le milieu associatif se professionnalise. On en parle beaucoup et on a raison si l’on compte le nombre de formations diplômantes qui se développent sur le sujet. Aujourd’hui, cette professionnalisation ne représente que 20% des associations françaises pour (quand même) environ 160.000 salariés. Cela va aller en augmentant : le retrait de l’Etat de certaines de ses compétences traditionnelles d’un côté et l’individualisation de la société (pour faire court) de l’autre devraient donner au secteur associatif une place plus importante dans un avenir proche (si les moyens suivent...). On peut s’en réjouir ou non, protester ou non, mais la probabilité de ce schéma reste forte. Et s’il se réalise, les emplois vont continuer à se techniciser, nécessitant l’embauche d’un personnel au bagage de formation important ; et à se pérenniser ! Pour l’instant, beaucoup des emplois associatifs relèvent du premier emploi, de « l’emploi tremplin ». Il faut dire que le statut de volontaire ou les contrats aidés sont très précaires. Travailler dans le milieu associatif, c’est accepter de travailler pour un salaire plus bas qu’ailleurs, certes, mais parce que l’on croit en ce que l’on fait, que l’on défend une cause, que cela a un sens. Néanmoins, l’évolution vers des emplois techniques, pérennes et à plein temps va nécessiter quelques changements. Ou bien alors, le milieu associatif risque de se transformer en un très bon tremplin vers d’autres sphères... et de perdre les employés qu’il aura contribué à former. Le milieu associatif est en passe de développer son rôle de « formateur à la démocratie ». Les lieux de discussion, où la conscience politique et le regard critique se forment, ne sont plus si nombreux. Un jeune qui s’engage aujourd’hui dans une association, quelle qu’elle soit, apprend la démocratie, le débat d’idées... la citoyenneté. Sans compter le réseau social que peut procurer un tel engagement. Le milieu associatif permet aussi cela : faire partie, appartenir à un lieu ou à une communauté d’idées. Et c’est important, alors qu’on parle de l’affaiblissement des socialisations primaires telles que la famille ou l’école ; que l’on envisage la communauté comme une somme d’individus. L’engagement associatif est constitutif de l’identité de chacun. En parlant de ce qu’apporte le milieu associatif à ceux qui s’y impliquent, il n’est pas question de remettre en cause l’engagement et les convictions des militants ; ni de verser dans le discours paternaliste du « à ton âge, c’est normal d’y croire encore mais ça ne durera qu’un temps ». Simplement de reconnaître que le milieu associatif sert aussi à cela : à former, à conscientiser, à impliquer les gens qui y agissent. L’engagement associatif permet (et permettra de plus en plus) de développer ses compétences, ses convictions, son réseau social, son identité ; et on peut admettre que cela permet de mieux servir les causes... si tant est que l’on ne les oublie pas en route. |