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Journée internationale des femmes

Publié le : 6 mars 2008

Attention, 8 mars ! Oui, 8 mars ! La journée internationale des femmes se tient le 8 mars, dans le monde entier, en France... à Rennes.


Alors non, on ne se jette pas sur les fleurs, on n’offre pas de séances de relookage gratuites ou de réductions dans les magasins de lingerie. Le 8 mars n’est ni la fête des femmes, ni un rattrapage pour ceux qui auraient oublié la Saint-Valentin. En 1975, les Nations Unies ont choisi d’en faire la journée pour les droits des femmes. Aux dires de l’organisation internationale, c’est l’occasion de « reconnaître la nécessité de la participation active, de l’égalité et de l’avancement des femmes pour le développement de la paix et du progrès social, ainsi que pour l’application des droits de l’homme et des libertés fondamentales ». Choisir cette date était par ailleurs rendre hommage aux premiers événements féministes d’envergure mondiale qui se sont déroulés autour de cette date au début du 20e siècle.

Pendant une journée, les associations féministes font le bilan de l’avancement de leurs luttes pour l’égalité, échangent, travaillent ensemble et mobilisent pour un changement positif dans l’application des droits des femmes et leur participation accrue dans les processus politique et économique.

En-quête d’égalité

Est-il encore nécessaire de prouver la légitimité d’une telle journée ? Il faut croire que oui vues les réactions, chaque année, médiatiques ou non, d’hommes comme de femmes à l’annonce de cette journée. Quelques chiffres pourraient suffirent à faire observer les progrès à réaliser en termes d’égalité de genre. À l’échelle mondiale et selon les statistiques des Nations Unies de 2004, les femmes accomplissent 67 % des heures de travail, gagnent 10% du revenu mondial, constituent 2/3 des analphabètes du monde et possèdent moins de 1% des propriétés dans le monde.

Mais la discrimination des femmes se vit au jour le jour, dans les paroles et les habitudes de chacun. Elle peut être visible et affichée, comme dans de nombreux pays où les femmes sont encore légalement passibles de torture en cas d’adultère. Elle est souvent cachée, dissimulée : dans la vie professionnelle, les niveaux de revenus, une répartition des tâches ménagères déséquilibrée, les violences conjugales, la commercialisation du corps des femmes, la précarité.

La révolution inachevée

À Rennes, comme un peu partout dans le monde, différentes manifestations sont organisées. L’événement majeur de cette journée sera le Forum des Femmes. De 11h à 18h sur la Place du Parlement, la Ville de Rennes en partenariat avec le CIDFF 35 propose aux citoyen-nes de rencontrer les associations et partenaires rennais qui agissent pour l’égalité. Une diversité d’enjeux et de positions, à l’image de l’hétérogénéité du mouvement féministe français, sera représentée. Ailleurs en ville, on abordera les droits des femmes autour de la pratique sportive (et oui...), de l’histoire de la Ville, de figures féminines et d’ambiances festives.

Et à Rennes, on a compris que 24h n’étaient pas suffisantes pour rendre publics les nombreux débats relatifs à la discrimination de genre. Alors on en fait un mois, un mois des femmes durant lequel débats, documentaires, expositions, manifestations viennent déconstruire les discriminations pour mieux construire l’égalité et l’émancipation. Intitulé «  Droits des femmes. La révolution inachevée  », ce mois de mars doit permettre de mettre en avant le fait que si l’on observe de grandes avancées relatives aux droits des femmes, remportées à force de mobilisation notamment dans les années 1960 et 1970, il reste beaucoup à faire.

Les moyens légaux alors obtenus ne suffisent pas à établir une égalité de faits entre les sexes. C’est le comportement de chacun qui est responsable du fait que les discriminations perdurent. Étendre cette journée internationale pour les droits des femmes au mois, c’est permettre d’élargir le débat, et donc de sensibiliser chacun. C’est un temps nécessaire pour que les discriminations disparaissent non parce que c’est la loi, mais parce que naître homme ou femme ne fera pas de différence.

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