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La crise est dans l’associatif ?

La crise économique commence à se faire ressentir dans le milieu associatif. Le contexte économique ne permet plus d’assurer le bon fonctionnement de certaines structures associatives qui subissent, en plus, les baisses successives des financements de l’Etat.


De l’autre côté de la Manche, un plan d’aide d’urgence a été lancé. Le gouvernement britannique débloquera 40 millions de livres soit près 50 millions d’euros pour venir en aide aux associations caritatives, premières victimes de la crise. Les difficultés économiques et la dégradation du pouvoir d’achat entraînent une baisse des dons, ce qui contraint les associations à licencier une partie de leurs salariés.

D’après Insee Clap, en France, les associations représentent plus des ¾ des salariés de l’économie sociale et solidaire en 2006, soit 9,8% de l’emploi avec une croissance de 4,2% sur une année. Les secteurs d’activités les plus concernés sont les activités financières et assurances (sous formes de coopératives et mutuelles), l’éducation populaire (sous forme d’associations) et les services aux particuliers et aux entreprises (également sous formes d’associations). En matière de financement, la principale ressource reste les subventions publiques, et ceci bien avant les emprunts bancaires et la générosité privée.

Le nombre de ces structures augmentent en moyenne de 4% chaque année et on en recense aujourd’hui plus de 1,1 million dans le pays. Cependant, selon une récente étude réalisée au CNRS, les financements de l’Etat ont décrû de 5% alors que ceux des conseils généraux ont augmenté de 20% entre 1999 et 2005. Ce contraste se justifie par la répartition des fonds publics. En effet, les plus anciennes associations voient leurs budgets à la baisse tandis que les petites nouvelles les voient à la hausse. Mais la viabilité des autres associations est en péril… une partie d’entre elles, dépendantes de l’Etat, n’ont pu survivre à cette baisse de financement. La question des collectivités relais est soulevée mais n’apporte comme seule réponse que la possibilité d’un financement de façon partielle… et seulement pour certains types d’associations.

Un phénomène déclencheur d’inquiétude chez les dirigeants associatifs... Au vu du nombre croissant des associations, le désengagement de l’Etat les amène à se concurrencer les unes et les autres pour l’accès aux ressources publiques et privées et au travail salarié et bénévole.

En fin d’année dernière, c’est à l’éducation populaire de se prendre un douloureux uppercut. Supportant les effets négatifs de la crise (contraintes économiques, suppression de poste d’enseignants…), les Associations éducatives complémentaires de l’enseignement public se voient confisquer les renforts mis à disposition par l’Education Nationale, soit 25% de leurs subventions de 2008. Cette diminution bien plus brutale qu’inattendue menace encore plus fort leurs actions sans compter leurs emplois. Reconnaissant le rôle essentiel dans le domaine de l’éducation et de la cohésion sociale de ces associations, le ministre de l’éducation nationale a déclaré que les moyens consacrés aux associations d’Education populaire passaient de 75 à 114 millions d’euros pour 2009. La décision de ce dernier repose sur celle de la passation d’une « logique de financement de structure à une logique de financement de projets ». Or, cette logique fait déjà état depuis janvier 2007. La promesse d’un engagement financier semble dès lors moins crédible et en contradiction avec l’avenir prévisible des associations.

Oubliées du plan de relance, les autres associations encore en activité se voient contraintes à se ménager différemment en vue d’une diversification des sources de financement. En premier lieu, elles vont, pour la quasi-totalité, être amenées à réduire considérablement leurs budgets. De plus, cette diversification présente des limites car toutes les associations ne sont pas habilitées à recevoir tous types de financement. Les associations d’action sociale ne peuvent qu’en majeure partie bénéficier de dons privés et de mécénat d’entreprise contrairement aux associations sportives qui vivent principalement de cotisations. Dans le contexte économique actuel, ces solutions de recours de plus en plus utilisées risquent d’orienter leurs actions en direction d’un public plus solvable.

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