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La mémoire qui flanche.

Les pertes de mémoire apparaissent comme un fait perturbant et déstabilisant. Souvent liées au vieillissement ou à un choc émotionnel, elles peuvent aller jusqu’à engendrer une forme d’isolement. L’association rennaise Activ’mémoire lutte depuis quinze ans contre cette dégénérescence et ses conséquences.


L’arrivée à la retraite des baby-boomer et l’allongement de la durée de vie font de la population des Senior un enjeu social considérable, mais aussi une cible commerciale privilégiée. Certains produits arrivés récemment sur le marché correspondent d’ailleurs particulièrement à ce public. C’est le cas d’un jeu de stimulation cérébrale sur console, qui promet aux joueurs de retrouver le pétillant intellectuel de leurs vingt ans grâce à une série d’exercice quotidien. Il y a quelques années, on sous-estimait encore l’engouement des Seniors pour ces nouvelles pratiques, favorables à la stimulation des neurones. Le retraité d’aujourd’hui doit donc être dynamique, au fait de tout, actif. Il ne doit pas céder à la dépression liée à la fin d’un travail qui a rythmé sa vie pendant quarante ans, ni à un amoindrissement intellectuel et physique, qui ferait mauvaise figure.

Les connaissances sur le fonctionnement de la mémoire ont beaucoup évoluées ces dix dernières années, entre autres grâce aux progrès de l’imagerie médicale et autres techniques de pointe. Il ne faut cependant pas faire d’amalgame entre les maladies dégénératives, comme celle d’Alzheimer, et l’affaiblissement de mémoire, qui est un processus naturel lié au déclin de l’acuité des sens et de l’activité. Pour lutter contre ce phénomène avant qu’il ne devienne handicapant, il existe des exercices permettant de conserver la mémoire et donc l’autonomie, sans passer par la médication.

L’association Activ’mémoire, créée à Vannes en 1996 par le docteur en gériatrie Patricia Benoit, travaille sur «  les plaintes mnésiques bénines  », autrement dit sur des difficultés de mémoire ne nécessitant pas de suivi médical lourd. Si l’association est ouverte à tous, elle est surtout sollicitée par les 55 – 85 ans, principalement de jeunes retraités, qui craignent de voir leur mémoire décliner. Mais l’association accueille également des personnes qui, suite à une dépression, un deuil ou un autre choc émotionnel, ont naturellement ressenti une baisse de leurs capacités mémorielles et sont en demande d’accompagnement.

« Perdre la mémoire fait peur, les ateliers rassurent les participants et permettent de dédramatiser » explique Nicole Davy, présidente d’Activ’mémoire. Ces ateliers sont de deux types : ateliers de base et ateliers de suivi. Les premiers ont pour objectif d’expliquer aux participants les mécanismes de la mémoire et l’origine de son affaiblissement. Les seconds, plus ludiques, permettent aux participants d’entretenir leurs capacités mémorielles sur la durée. Ces ateliers hebdomadaires se font toujours en groupe, ce qui d’emblée ouvre la possibilité à de nouvelles rencontres mais aussi de combattre l’isolement. Les exercices, en revanche, sont individualisés… la mémoire de chacun fonctionne différemment et les causes de son affaiblissement sont multiples.

La méthode utilisée lors des ateliers de base est fondée sur les quatre phases de formation d’un souvenir : la perception, le stockage, la consolidation et la restitution. On recherche alors des solutions individuelles. Si par exemple les difficultés sont repérées sur la phase de perception, on travaillera sur l’attention et la concentration. Le problème peut également venir d’un manque d’intérêt, de sollicitation, lié à la phase de restitution. Il faut alors proposer de nouvelles connaissances, de nouveaux centres d’intérêt qui stimuleront les capacités intellectuelles de la personne.

L’association, est aujourd’hui présente dans quinze villes bretonnes et fonctionne avec une quarantaine de bénévoles, sans salariés. Parmi eux, quatre médecins référents ont pour mission de répondre aux questionnements scientifiques de l’équipe d’animateurs, de les former et de mettre régulièrement à jour leurs connaissances. En 2009, les ateliers organisés d’octobre à avril ont réuni plus de 300 participants.

Pour tous renseignements : Nicole Davy : 06 76 73 10 55

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