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![]() La politique des chats libres.Aujourd’hui, on estime que près d’un millier de chats déambulent dans les rues rennaises. La plupart d’entre eux mènent une vie âpre et restent sans repères : éloignement, bagarres, accidents… avec la fourrière comme épée de Damoclès, très souvent synonyme d’euthanasie. Depuis 2004, le Comité Rennais pour l’Animal en Danger s’engage non seulement à recueillir des chats sans foyer afin de leur faire bénéficier de soins médicaux mais aussi à protéger les chatons nés sur la rue, leur trouver une famille d’adoption, donner conseil aux familles dont le chat est égaré. Avec le soutien de la ville de Rennes, la fondation Brigitte Bardot et la Société Nationale pour la Défense des Animaux, cette association a pu en 2008 permettre le sauvetage et la stérilisation de plus de 150 chats… dont une soixantaine pris à leur charge. Le C.R.A.D. ne bénéficie d’aucune subvention mais survit grâce à la cotisation des adhérents ainsi qu’avec quelques dons… mais c’est surtout avec l’affection des membres que les actions peuvent être menées à bien. M. et Mme Pitrel se rendent disponible depuis plusieurs années dans une cause qui leur est chère : le sauvetage des chats des rues. Certains se sont égarés, malheureusement dû à l’éloignement et la recherche de l’âme sœur, d’autres lâchement abandonnés par leurs maîtres, sans oublier ceux qui n’ont pas eu autre choix que de naître sur la rue… un engagement, un dévouement plus qu’exemplaire. Rencontre avec un couple hors du commun. Quand avez-vous crée l’association ? Nous avons un brave chat très intelligent, mais aussi très bavard ! Nous causions souvent en langage de chat. De son vivant, il lui arrivait de refuser certaines boites de nourriture. Donc, pour ne pas gaspiller, nous les offrions aux chats des rues… ce qui était strictement interdit. En effet, ils étaient considérés comme des nuisibles et porteurs de maladies ! Suite à une maladie non décelée, notre chat s’en est allé. Après quoi, nous avons voulu apporter notre aide aux chats de rue qui vivent une situation très difficile face aux dangers de la société. La loi du 6 janvier 1999 permet à la ville de Rennes de déclarer libres les chats de rue tatoués et stérilisés. Nous nous sommes donc engagés dans cette voie. Parlez-moi de vos actions. Il y a actuellement 36 sites sur Rennes où vivent les chats. Nous mettons en œuvre tous les moyens nécessaires pour les recenser et faire tatouer et stériliser les chats qui ne le sont pas. Notre association permet de pratiquer ces actes médicaux au prix de la protection animale, soit presque moitié moins que chez le vétérinaire. Ce qu’il faut savoir, c’est que les avantages sont sanitaires et comportementaux. Cela évite non seulement les bagarres et l’éloignement mais aussi la reproduction qui est principalement la cause des abandons de chatons sur la rue. Livrés à eux-mêmes, ils subissent la maltraitance, les risques d’accident ou pire, la piqûre ! De plus, lorsqu’ils sont tatoués, ils ne peuvent plus être capturés par la fourrière. Nous avons et menons toujours un lourd combat afin que notre engagement soit reconnu. En 2007, la municipalité officialise « la politique des chats libres » à Rennes. Les gens se sont mis à nous contacter pour signaler les chats de rue, qu’ils soient dans les espaces publics ou privés. La ville débloque alors un budget de 6000 euros par an pour la stérilisation des chats. Nous avons le soutien de la SNDA et de la fondation Brigitte Bardot qui nous envoie quelques dons. Environ 95 chats ont pu être stérilisés par la ville et 64 par nos propres moyens. Nous mettons certains chats chez des personnes qui acceptent de s’en occuper en attendant de leur trouver une famille d’adoption. Sinon, il y a ce qu’on appelle les nourrisseurs… ils veillent sur les chats de rue en les protégeant sur leurs territoires. Hélas, il y a actuellement trois naissances pour une adoption… ce qui est encore insuffisant ! Nous retrouvons systématiquement des chatons abandonnés dans des cartons et souvent dans les mêmes sites. C’est une des raisons pour laquelle nous ne communiquons pas sur ces endroits. Certaines personnes nous accusent de participer à l’extinction de l’espèce. Nous leur expliquons alors que les chattes non stériles peuvent avoir entre 2 à 5 portées par an et entre 2 et 7 chatons par portée ! Le but premier de l’association est d’endiguer la naissance de chatons sur la rue. Nous assurons également un suivi correct lors des adoptions de chats afin que les actes médicaux soient réalisés. D’autres parts, nous donnons des conseils les plus judicieux possibles aux personnes qui souhaitent sauver et protéger les chats de rue mais aussi aux personnes qui souhaitent retrouver leurs chats égarés. Bien évidemment, nous n’engageons pas de recherches nous-mêmes, c’est aux personnes d’en prendre la responsabilité. Quelle aide vous apporter quand on est sensibilisé… ? Nous conseillons tout d’abord et fortement aux personnes maîtresses d’un ou plusieurs chats de les faire tatouer et stériliser. D’autres parts, il est vrai que nous avons un grand besoin au niveau des bénévoles, non seulement pour le suivi et protection sur les sites mais également pour le reste. Par exemple, une personne qui peut faire des photos des chats, une autre pour assurer le suivi des adoptions, d’autres qui font le relais entre nous et les zones de chats libres… Nous n’avons pas de local hors notre appartement. Un bureau serait aussi le bienvenu ! L’idéal serait aussi d’avoir une personne responsable qui s’occupera de chaque site et qui en assurera le relais et le suivi. Nous sommes également restreints au niveau des moyens matériels concernant les pièges et les paniers par exemple. Nous les prêtons pour aider à la capture de chats non stérilisés et leur repos après acte chirurgical. Malheureusement, nous sommes dans l’obligation de demander une caution à chaque prêt pour être sûrs de les récupérer. Nous demandons par ailleurs aux nourrisseurs de faire un nourrissage discret afin d’éviter tout conflit entre voisins. Une attention particulière est également demandée lors d’éventuels administrations de pilules aux chattes. Malheureusement, il y a encore plein de choses à réglementer, c’est triste à dire. D’autres parts, nous avons une assemblée générale qui va se dérouler le 7 mars 2009 en après midi au Foyer ADSAO. Nous y détaillerons le rapport d’activité de l’association et y expliquerons les intérêts. Bien évidemment, toute aide et bonne volonté sont les bienvenues ! Si vous souhaitez apporter votre aide et soutien à cette association, vous pouvez les contacter par mail ou par téléphone ou visiter leur site internet : http://crad.wifeo.com/ |