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![]() Ni Putes Ni Soumises... Des valeurs à l’horizon !Publié le : 25 décembre 2007L’association "Ni Putes Ni Soumises" tenait ses Universités d’automne du 9 au 11 novembre, à Dourdan... L’occasion pour L’ONG de faire un état des lieux de son combat pour la mixité, l’égalité, la laïcité et le respect. A lire l’ensemble des médias, tout n’est que déchirement, tensions et crise interne... N.P.N.S. est une association qui a toujours été très médiatisée. D’abord parce que ses fondateurs sont d’une génération qui a grandi avec les moyens de communication, ensuite parce que son discours attise la polémique et le débat. Le week-end dernier, changement de ton : « La nouvelle présidente doit faire face à une véritable fronde » dit Le Monde, « NPNS connaît la crise la plus grave de son histoire » assure TF1. Le départ de Fadela Amara, la présidente fondatrice du mouvement, pour le secrétariat ministériel à la politique de la ville et l’utilisation de médias peu regardant par les détracteurs du mouvement sont les causes de ce discours. Des journalistes insoumis ? Depuis le départ de Fadela Amara pour le gouvernement Fillon, quelques adhérents et fondateurs de NPNS se sont levés pour objecter à l’association son manque de démocratie et de transparence, et leur stupéfaction quant au revirement de la présidente aux côtés de Christine Boutin et Nicolas Sarkozy, personnalités qui ont souvent tenu des positions contraires aux valeurs défendues par le mouvement. Ces militants ont créé NPNS en colère au mois de juin et Les Insoumis-es ce 16 novembre. Ce ne sont pas les critiques des Insoumis-es qui sont en cause, mais plutôt leurs méthodes. À la veille de l’Université, ils diffusent un communiqué qui fera l’objet d’une page entière dans Libération pour annoncer la démission en bloc de vingt-six comités locaux. Ils donnaient ainsi le ton médiatique pour l’Université : les journalistes ne s’attarderont qu’aux clivages et dissensions ; pas un mot sur l’état des lieux des femmes dans les quartiers populaires et dans le monde. Parmi lesdits vingt-six comités démissionnaires, beaucoup ne sont plus ou n’ont jamais été en activité (l’AFP et le siège national de l’association n’en comptent que quatre). France Inter, Le Monde, L’Humanité, TF1 : la majorité des journalistes n’a pas vérifié l’info. Leur forte présence lors de ce week-end de travail sur les violences et les discriminations avait-elle pour but de couvrir l’événement ou de détruire l’association ? Les valeurs avant les ambitions. Les militants présents lors de l’Université défendent des valeurs, des combats. Ils accueillent chaque jour des femmes violentées, malmenées, font des pieds et des mains pour débloquer des situations inextricables. Une présidente de mouvement au gouvernement et quelques déboires internes plus loin et ils deviennent inexistants à la face du monde médiatique français. On les insulte quotidiennement dans les médias ou par sites Internet interposés. Finalement, les anciens adhérents qui utilisent ces méthodes rament peut-être à contre sens : ils donnent de l’eau au moulin de ceux qui ont toujours assuré que NPNS n’est qu’un coup médiatique, que l’association est absente de l’action de terrain dans les quartiers populaires. Cette situation met toutefois en avant une question importante pour de nombreuses associations, quelques soient leur taille et leur médiatisation : l’organisation peut-elle survivre au départ d’un membre fondateur charismatique ? La communication du mouvement presque uniquement à travers la personne de Fadela Amara, le poids de cette dernière dans les décisions de l’association et le fonctionnement très pyramidal de NPNS sont certainement des causes importantes des dissensions post-nomination de Mme Amara au gouvernement. Le nom de Ni Putes Ni Soumises a été trop fortement associé à celui de Fadela Amara. Il est fondamental que l’Organisation Non Gouvernementale trouve un nouveau totem... En évitant que cela soit un totem humain ! |