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![]() Où l’on parle de bénévolat et d’engagement positif...Publié le : 3 novembre 2007L’idée d’instaurer la vie associative comme option dans le cursus universitaire a déjà été soulevée il y a quelques années... De par la complexité de sa mise en œuvre, la proposition a été sujet à de nombreuses discussions et tergiversions ... ... une commission de trois étudiants est mandatée par l’administration de Rennes 2, afin d’appréhender la faisabilité de l’option dans son ensemble, de proposer un cadre et des solutions aux problèmes rencontrés, dans l’optique de l’intégrer éventuellement à la prochaine année universitaire. Les origines et les objectifs L’option est instituée en Sciences de l’Education, depuis déjà trois ans, en Licence 3, première année du cursus. Les étudiants peuvent choisir cette option parmi une langue supplémentaire ou un autre enseignement complémentaire. Au programme, six interventions, six cours, les étudiants participent aux soutiens scolaires, organisés par la Ligue de l’Enseignement auprès des populations défavorisées. Les étudiants bénévoles doivent ensuite constituer un dossier dont les problématiques sont l’analyse des contextes, des besoins liés à la structure et le sens problématisé de l’action bénévole. L’expérience dudit cursus et de son module associatif sont les moteurs d’une volonté de généralisation de l’option associative. Pierre Bazantay, Vice-Président chargé de la culture et de la vie étudiante, insiste particulièrement sur la notion « d’engagement positif » développée par les prémices de cette option, il est pleinement favorable à l’ouverture de cette option, tout en restant conscient de la difficulté de sa mise en place. Une chose est sûre, l’option, si elle voit le jour, serait intégrée au niveau du deuxième semestre de Licence 3, pas avant, pour une question de maturité, de recul nécessaire des étudiants, son crédit serait de 5. Pour Sébastien Petrus, Vice-Président étudiant, le fond d’une telle volition est louable, bien au-delà des difficultés pratiques, comme la validation des associations, leur acceptation des étudiants, les domaines associatifs sollicités, la légitimité d’un rapport, son évaluation ... la généralisation de l’option pose des problèmes d’ordre éthique : les associations d’ordre religieuses et politiques peuvent-elles coïncider ? Quels moyens existent ils pour vérifier leurs activités, leur éventuelle dangerosité prosélyte ? Les associations ne vont-elles pas profiter de cette mesure pour déguiser un stage et abattre un travail ingrat ? L’option soulève finalement un bon nombre de problématiques auxquelles la commission étudiante tâchera d’apporter des réponses. L’IGR, un exemple d’intégration associative globalement réussi... Karine Le Rudulier, maître de conférence à l’école de gestion, est également responsable de la vie associative, fonction qu’elle a assumée bénévolement pendant quatre ans... fonction désormais reconnue et titularisée pour l’année 2007-2008. Assorennes est allé à sa rencontre, afin de découvrir le contenu et les enjeux pédagogiques de l’option associative. En quelle année l’option « Vie Associative » a été mise en place à l’IGR-IAE ? A quel niveau d’études intervient-elle ? L’option associative est intégrée à la formation depuis 2004, elle entame donc sa quatrième année d’existence. L’option peut être suivie pendant deux semestres en Licence 3, et un semestre en Master1. Quel est le nombre d’inscrits pour cette année universitaire, quelle est son évolution ? Ils sont 100 sur 125 en Licence et 92 en Master 1, certains des étudiants attirés par les autres options désirent s’investir parallèlement dans les associations de l’école. L’IGR fédère 300 bénévoles, ce qui représente la moitié des inscrits en formation initiale, un tiers d’entre eux ne suivent donc pas l’option. L’intérêt des élèves pour l’option est grandissant, puisque l’expérience associative est un facteur déterminant d’insertion professionnelle. Dans n’importe quel domaine, que ce soit la gestion, la comptabilité, le management ... entre deux CV équivalents, l’employeur favorisera l’embauche du candidat ayant un passif associatif. Quel est le contenu de l’option, comment les étudiants sont-ils encadrés ? L’option intègre une initiation sur le montage et la création d’association par Martine Groheux, Inspectrice de la jeunesse et des sports, et Déléguée départementale à la vie associative, à laquelle s’ajoute une conférence de Karine Gallopel en communication. L’option est également couplée avec un cours sur la gestion de projets. Dans le courant de la rentrée, les étudiants bénéficient de conférences midi et soir, et ce, quotidiennement pendant la semaine Vie Associative, organisée chaque année à l’IGR. Karine Le Rudulier intervient de façon plus informel sur le Droit des associations, seule référent pendant les premières années, elle est aujourd’hui épaulée par un regroupement de 14 enseignants, dont le rôle est de conseiller et de suivre les projets associatifs. Les étudiants sont totalement libres dans leur choix et dans la conduite de projets, les enseignants sont consultés en cas de difficultés, ils interviennent en cas de maladresses ou de blocages extérieurs, ils sont garants de la cohérence des projets mais n’imposent aucune contrainte aux étudiants, leur seule obligation étant le montage et la réalisation de projets. Même si tous ces inscrits, pour une raison pratique et logistique, rejoignent les associations de l’IGR ou créent de nouvelles associations au sein de l’école, rien n’est arrêté, les élèves peuvent, si ils le désirent, sous réserve d’une validation par le CA de l’établissement intégrer les projets d’associations extérieurs à l’IGR, une ouverture que souhaite vivement Karine Le Rudulier. De la même façon, le domaine et la nature des activités restent ouverts, à l’instar de l’association Théâtre, qui a vu le jour l’année passée à l’Ecole, d’un point de vue général Karine Le Rudulier conseil aux étudiants d’être réalistes, de s’engager dans des projets simples et concrets, l’objectif premier étant de réussir et d’obtenir leur année. Comment évaluez-vous les élèves ? L’évaluation des étudiants comprend trois volets. Le premier consiste en une auto-évalutation mutuelle des étudiants impliquer sur le même projet associatif, concernant leur temps d’implication, leurs difficultés rencontrées, le détails des projets ... Le second un compte rendu personnalisé et semestriel des associations. Les étudiants doivent fournir, en dernier lieu, une fiche individualisée. L’option correspond à un vingtième de leur notation globale, l’équivalent par exemple de la matière « Anglais des Affaires ». Les étudiants jouent objectivement et sincèrement le jeu de l’auto-évaluation, même si les notes sont généralement élevées, il arrive parfois qu’ils jugent leur investissement insuffisant et qu’ils se notent modestement. Le seul frein au bon déroulement de l’option est le partage équitable des missions. Il est toujours difficile de s’imposer au sein d’un groupe, l’intégration peut être difficile, certains élèves s’impliqueront ostensiblement et s’approprieront les fonctions à responsabilités, au détriment des autres, plus réservés et moins opportunistes. Dans ce type de contexte, l’élève délaissé d’un projet, sera réorienté ou réintégré dans un autre. Quels sont leurs apports financiers ? Une dotation, une clause du budget est attribuée au fonctionnement associatif, ratifié par le CA. Malgré des restrictions budgétaires, comme les autres établissements publics, les élèves réagissent et recherchent des financements extérieurs, le parrainage, le partenariat ou les actions de collectes en sont des exemples, et contribuent à l’épanouissement des élèves par leur réactivité. Quels sont les objectifs pédagogiques de l’option ? Quel est le bilan de ses trois années d’existence ? En plus des compétences sollicitées inhérentes à leurs études, les élèves jouissent d’un épanouissement identique à celui de n’importe quel bénévole, qu’il soit actif ou retraité. Etre utile socialement, s’engager collectivement, acquérir de nouvelles compétences, s’affranchir de son carcan socioprofessionnel et découvrir d’autres horizons, communiquer et fédérer, sont les apprentissages tacites de tout investissement associatif. Le bilan des trois années est positif, les étudiants qui auraient choisi l’option par défaut ou par intérêt, en termes de notation, finissent par appréhender les enjeux de l’associatif, par se prendre au jeu, par apprécier les bienfaits de l’engagement, nous assistons à un engouement croissant, à une véritable continuité et assiduité associative, les projets perdurent, d’autres se créent et leur autonomie est de plus en plus importante. L’exemple de Guillaume Trebossen, étudiant en Master 1, illustre parfaitement cette tendance. Après ses deux semestres d’option « Vie Associative » en Licence, qu’il a pratiqué dans l’association de théâtre, Guillaume a repris cette année la présidence de cette dernière, et ce, bénévolement, puisque l’option n’est pas au programme du premier semestre. Aujourd’hui l’option est une réussite, elle apparaît comme étant un élément d’attractivité pour les nouveaux étudiants, le fort pourcentage d’insertion professionnelle des étudiants à la sortie de l’école, à hauteur de 80%, lui incombe en partie. Chaque année les bilans sont effectués en CA, entre les associations et le personnel administratif, entre les associations, afin de réfléchir, de modifier et de renouveler les modalités de l’option. Vous l’aurez devinez Karine Le Rudulier encourage vivement l’intégration de cette option aux autres cursus universitaires, tout en soulignant la charge conséquente de travail en matière de suivi pédagogique. Tout comme (pour) les Sciences de l’Education, les conditions de ce succès n’y sont pas étrangers, effectif réduit, structure intimiste, relations favorisées entre les étudiants et les enseignants. Le bilan serait-il le même si l’option associative était ouverte à un grand nombre d’étudiants ? Le suivi pédagogique à grande échelle serait-il possible ? D’un point de vue du secteur associatif, quels vont êtres les conséquences d’une telle réforme ? Alors que le bénévolat s’épuise, que les implications sont de plus en plus ponctuelles, volatiles et intéressée, une telle réforme ne risque t’elle pas de desservir les associations plus qu’elles ne les aideront ? |