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Un ministère de la solidarité internationale... ?

Publié le : 7 décembre 2007

La neuvième édition de la Semaine de la solidarité internationale s’est tenue du 17 au 25 novembre 2007.


Lancée suite aux Assises de la coopération de la solidarité internationale d’octobre 1997, elle est coordonnée par le CRID au niveau national. Cette opération est décentralisée... à Rennes, c’est la Maison Internationale (MIR) qui assure sa coordination en association avec le CRIDEV .

« La Semaine de la solidarité internationale, c’est donner à voir des projets de solidarité internationale et faire de la sensibilisation auprès des citoyens rennais », affirme Ghania Boucekhine, vice-présidente de la MIR chargée de la solidarité internationale. Les acteurs de la solidarité internationale (associations, universitaires, collectivités) réalisent des animations pour faire connaître leur engagement et leurs pratiques, pour proposer à chacun d’agir concrètement pour un plus grand respect des droits humains et des populations plus défavorisées. La Semaine est un produit du travail concerté d’acteurs de la solidarité internationale rennaise ; c’est ainsi un moment de dialogue pour la coordination d’associations qui travaillent sur les mêmes thèmes, sur les mêmes zones.

Sensibilisation des citoyens et mise en relation des acteurs de la solidarité internationale rennaise pour des actions concertées sur le terrain, ce sont là les deux objectifs majeurs de la SSI. Cependant, vu le contexte dans lequel s’inscrit cette édition, on ne peut occulter un troisième aspect de cet événement : le plaidoyer. Organiser aujourd’hui une Semaine de la solidarité internationale n’est pas anodin. Cette démarche se positionne, consciemment ou non, par rapport à l’action du gouvernement en termes de relations internationales et de développement. Le ministère de l’immigration, de l’identité nationale, de l’intégration et du co-développement de M. Brice Hortefeux n’a pas encore ajouté la solidarité internationale à la liste non exhaustive de ses compétences... parce que les mots sont importants.

Une semaine nationale consacrée à la «  solidarité internationale  » implique de penser le rapport entre les États différemment ; avec les notions d’échanges, de mutualisation entre égaux qu’induit la solidarité. Comme la solidarité nationale républicaine induit une répartition des ressources entre individus égaux en droits, la solidarité internationale implique que tous les Etats soient égaux en droits, politiques, sociaux, humains et de l’environnement.

La SSI, action de sensibilisation de la population, oui. Mais aussi plaidoyer pour une autre conception de relations internationales, pour une équitable répartition des ressources et une égalité des droits. Au niveau local, les responsables de la solidarité internationale de la MIR assurent ne pas avoir besoin d’envisager la SSI comme plaidoyer auprès des politiques. L’action de solidarité internationale a, selon elles, toujours été valorisée au niveau rennais. Seriez-vous favorable à ce que l’on remplace le ministère de l’immigration, de l’identité nationale, de l’intégration et du co-développement par un ministère de la Solidarité internationale ? « Oui, évidemment », répond Ghania Boucekine.

Pour être efficace, et donc atteindre l’inscription à l’agenda politique, un plaidoyer efficace doit être suivi par la population et relayé dans les médias. « On observe une sensibilisation progressive à la solidarité internationale, confie Emmanuelle Berthinier-Brié, directrice de l’établissement. La programmation était très diversifiée cette année, on a développé les cinémas, les concerts, pour toucher un public plus large, et puis les ateliers de formations pour un public plus précisé ». Résultat, des gens très différents ont été touchés. Les professionnels de la MIR se sont particulièrement réjouis de la dynamique du forum jeunesse dont l’objectif est de sensibiliser le citoyen de demain et former les étudiants qui souhaitent partir à l’étranger pour un projet de solidarité internationale. « Lors de ces journées, la maison est transformée, a confié Ghania Boucekine. Ça, c’est très réussi. On a eu près de 200 personnes ». Comme souvent, viennent à un événement des populations déjà sensibilisées à l’enjeu traité. L’objectif pour l’an prochain : se donner les moyens pour avoir un public plus nombreux. « Il va falloir créer l’habitude de l’événement, et ça prend du temps », assure la directrice de la MIR.

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